Définitions de quelques mots kabiyè

Le Kabiyè et ses traditions


Comme les autres peuples du Togo, le Kabiyè est très attaché à ses traditions qui comportent des rites initiatiques associés à des lieux sacrés bien localisés : forêts sacrées, pierres sacrées…

Chaque village a ses propres lieux sacrés et ceux-ci ne se prêtent pas : la pierre sacrée de Saoudè qui est pour les Kabiyè de Lama ne peut être fréquentée par les Kabiyè de Pya qui ont la leur.
Pour être une femme ou un homme adulte (c’est-à-dire pour être suffisamment adulte pour pouvoir se marier) tout Kabiyè doit passer par des rites initiatiques qui lui confèrent les aptitudes d’adulte. Il existe donc des cérémonies qui élèvent les candidat(e)s au rang d’adultes. Ce sont les cérémonies :

– des akpéma pour les filles
– des évala suivie des köndöna pour les garçons

A la fin de sa vie, si on a eu la chance d’atteindre l’âge de dix wassi (environ 70 ans) alors on a droit à des funérailles réservées à ceux qui ont vécu longtemps. Puisqu’un Kabiyè doit passer par là pour « grandir » et que les lieux sacrés n’existent qu’au village d’origine des ancêtres, on comprend bien que chaque année, les Kabiyè doivent rentrer au village pour faire les cérémonies.

 

Akpénou (pluriel akpéma)
jeune fille ayant suivi les cérémonies d’initiation destinée aux jeunes filles pubères (16-20 ans).Vêtue d’un petit foulard noué autour de la taille et juste un soutien-gorge pour cacher sa nudité, la jeune fille entame le rite initiatique qui doit lui permettre de devenir une femme. La cérémonie des Akpéma est à la fois une épreuve traditionnelle et un test de virginité pour la fille kabiyè. Toutes les filles de la région en âge de se marier doivent subir cette pratique.C’est un long processus et la fille qui franchit toutes les étapes honore ses parents. C’est le signe qu’elle a reçu une bonne éducation.Outre des animaux offerts aux ancêtres pour implorer leur bénédiction, la fille, la jeune akpénou est tenue de subir certaines cérémonies traditionnelles qui varient en fonction des villages. akpénou en préparation pour la procession jusqu'à la pierre sacrée à Saoudè
Mais la véritable épreuve est celle de la forêt sacrée où la fille doit s’asseoir sur la pierre de virginité en face d’un grand chef traditionnel, afin de prouver qu’elle n’a jamais accompli l’acte sexuel. « Dans les cas d’état d’impureté poussée, par exemple une fille qui a déjà avorté, c’est un long serpent, souvent un python qui passera entre ses jambes. Ou bien elle va commencer à saigner sur cette pierre ».
Dans le nord du Togo, plusieurs milliers de filles kabiyès passent par ces rites. Celles qui ont franchi toutes les étapes avec succès arborent une petite cicatrice sous l’oreille, signe qu’elles sont issues d’une bonne famille.

 

Evalou (pluriel évala)
Une semaine avant le début des combats, à l’instar des footballeurs professionnels, les lutteurs s’isolent dans des camps d’entraînement.
« Pendant cette période ils consomment de la viande de chien – animal rusé, endurant et possédant certaines vertus selon la culture kabiyè – afin de retrouver l’énergie nécessaire pour bien combattre ». « Celui qui n’est pas évalou ne peut pas se marier. Il ne consulte pas un marabout et n’a pas le droit de consommer la viande du chien. Il ne va pas à la guerre », dit un chef traditionnel du village de Tcharè.

la lutte des évalasIl n’y a pas de récompense à la fin des compétitions. C’est la tradition et un jeune kabiyè en âge de maturité est tenu de lutter pendant trois années consécutives. Pour sauver l’honneur de sa famille il doit bien combattre, et surtout éviter les blessures. Un lutteur ne doit pas porter plainte en cas de blessure.
la danse des évalas à la fin des luttes

A la fin des luttes, les évalas dansent pour célébrer leur victoire…

 

Kègbèyö (pluriel kègbèyissi)
est une jeune fille n’ayant pas encore l’âge de faire akpénou qui accompagne une akpénou. Elle s’habille comme son akpénou et peut être considérée comme la dauphine de la akpénou.

Waag (pluriel wassi)
Dans le pays kabiyè, on commence à compter l’âge d’un individu seulement à partir de l’année à laquelle il a fait les cérémonies initiatiques. A partir de cette date, l’unité d’âge est un quinquennat (un waag vaut donc cinq ans). En d’autres termes, un enfant qui n’a pas atteint l’âge adulte n’a pas d’âge.